Accéder au contenu principal

Le découpage électoral passe par le Grand Lyon

Le nouveau découpage des circonscriptions pour les futures élections législatives aura des incidences dans le Rhône.
Présenté au conseil des ministres fin juillet avant examen au Parlement à la rentrée, ce nouveau découpage annonce déjà des débats passionnés. Il faut pourtant rappeler que le gouvernement répond ainsi à une demande répétée du conseil constitutionnel de "mettre à jour" la carte électorale afin de rétablir l'équité démographique entre les circonscriptions. L'objectif de la commission Marleix devait donc être de rétablir l'équilibre entre zones rurales et urbaines tout en conservant le nombre dedéputés (577) mais en créant 12 nouveaux sièges pour les Français de l'étranger .

Un blog politique, celui du Villepiniste "Griffon lyonnais", s'attache dans un récent billet, à "décrypter" ce nouveau découpage dans le Grand Lyon et le département du Rhône ; Nous lui laissons la parole :
"Le gouvernement aurait choisi d'étalonner les circonscriptions à environ 125 000 habitants, avec des écarts compris dans une fourchette allant de 100 000 à 150 000 habitants.

Ainsi, selon les savants calculs d' Alain Marleix, docteur ès découpage électoral, cette nouvelle configuration séparerait Saint-Priest entre 2 circonscriptions, mais réunirait le canton de Limonest dans la 5ème circonscription et celui d'Ecully dans la 8ème.

Commençons par la cinquième circonscription du Rhône, où le député n'est autre que Philippe Cochet, le président de la fédération UMP du département. Elle s'étend aujourd'hui sur la ville-canton de Caluire-et-Cuire (UMP) et le canton de Neuville-sur-Saône (UMP) et compte les communes de Champagne-au-Mont-d'Or, Collonges-au-Mont-d'Or, Ecully, Saint-Cyr-au-Mont-d'Or et Saint-Didier-au-Mont-d'Or soit environ 120 000 habitants. Cette distribution semble assez homogène étant donné la prédominance du caractère péri-urbain des communes qui la compose.

Après redéfinition de la circonscription, le périmètre s'étenderait de la ville-canton de Caluire-et-Cuire au canton de Neuville-sur-Saône et à celui de Limonest (Modem). Or, les communes ainsi ajoutées sont plus rurales qu'urbaines. Les 110 000 habitants se répartiraient pour 3/4 en zone urbaine et 1/4 en zone rurale.

Pour la huitième circonscription, celle de Patrice Verchère, elle s'étend sur les cantons d'Amplepuis (Modem), de l'Arbresle (Nouveau Centre), du Bois-d'Oingt (Nouveau Centre), de Lamure-sur-Azergues (DVD), de Tarare (DVD) de Thizy (Modem) et d'une partie du canton de Limonest pour un total de 106 000 habitants. La caractéristique majeure de cette circonscription est son biais rural.

Après soustraction des communes du canton de Limonest et addition du canton d'Ecully (UMP), il y aurait donc 126 000 habitants répartis pour 3/4 en zone rurale et 1/4 en zone urbaine.

Cette nouvelle distribution semble donc ahurissante du point de vue de l'aménagement du territoire et notamment du projet de métropole lyonnaise. En effet, une des idées sous-jacentes de la mise en place de conseillers territoriaux (siégeant au département et à la région) est de distinguer clairement les zones urbaines et rurales quant au mode de scrutin. Victime collatérale de cet arrangement entre amis, Christophe Guilloteau, député de la 10ème circonscription, perd logiquement la commune de Dardilly.

La ville de Saint Priest serait répartie entre les 13 ème et 14ème circonscriptions, respectivement tenues par Philippe Meunier (UMP) - tombeur de Martine David (député PS de 1988 à 2007 -et toujours Maire de la ville Ndlr) - et André Gerin (PCF).

La 13ème circonscription comprend les cantons de Décines-Charpieu (PS), Meyzieu (PS), Saint-Priest (PS) quand la 14ème circonscription compte ceux de Saint-Fons (PS), Vénissieux Nord (PCF), Vénissieux Sud (PCF).

Le PS et le PCF ont beau jeu de faire gonfler la polémique sur le coup de ciseaux qui va instaurer une fracture Est/Ouest de la commune de Saint-Priest. En effet, la logique des deux autres refontes s'appuie, en principe, sur une meilleure lisibilité du territoire en regroupant des cantons disloqués alors que pour Saint-Priest, on descendrait au niveau des bureaux de vote. C'est totalement ubuesque dans le paysage politique actuel mais, pour le coup, s'entend raisonnablement dans la logique d'une métropole lyonnaise où il conviendra de redéfinir les frontières des nouvelles sous-entités territoriales (regroupements hybrides entre arrondissement et commune de plein exercice).


Néanmoins, il convient de rappeler que, lors du découpage Pasqua de 1986, le défunt Jean Poperen (ancien Ministre et ancien Député Maire de Meyzieu) avait reçu la commune de Saint-Priest en échange de Bron et Vaulx-en-Velin, aujourd'hui dans la 7ème circonscription, tenue par Jean-Jack Queyranne (PS).

Si on essaie de se mettre dans un schéma qui fasse la part entre la future métropole et le département restreint qui en résultera, il devrait y avoir 4 députés pour les zones rurales (c'est-à-dire les 8ème, 9ème, 10ème et 11ème circonscriptions) et 10 députés pour les zones urbaines et péri-urbaines (dont 4 pour Lyon et 1 pour Villeurbanne).

Cela signifie une redistribution des cantons de Givors (dont Givors et Grigny font partie du Grand Lyon), de Saint-Genis-Laval (dont Saint-Genis-Laval fait partie du Grand Lyon) et de Limonest (dont Collonges-au-Mont-d'Or, Limonest, Saint-Cyr-au-Mont-d'Or et Saint-Didier-au-Mont-d'Or font partie du Grand Lyon).

Après, on fait abstraction des cantons sur les 2ème, 7ème, 12ème, 13ème et 14ème circonscriptions pour créer des entités homogènes en répartissant les bureaux de vote. Par ailleurs, les communes rurales du canton de Limonest contribueraient à redistribuer les territoires entre les 8ème, 10ème et 11ème circonscriptions. Il subsiste, toutefois, le problème de continuité territoriale que posent Givors et Grigny ; et qui ne pourra être résolu qu'avec l'intégration ou la sortie de l'ensemble des communes du canton à la future métropole.

En somme, si on veut faire le travail sérieusement, ça nécessite une connaissance pointue des réalités du territoire. D'autant que, si on veut aller au bout de la logique, Villefranche-sur-Saône devrait devenir chef-lieu et préfecture du nouveau département et intègrer les circonscriptions législatives hors future métropole".

Commentaires

André Gérin, député a dit…
Nous sommes face à un charcutage à marche forcée. La 14ème circonscription du Rhône dont je suis le député en est un exemple. Sur la base de 2006, nous accusons un déficit d’environ 100 habitants eu égard à l’écart de 20 % établi par la loi. Cette situation est aujourd’hui largement dépassée, puisque nous escomptons à présent une centaine d’habitants au-dessus du seuil fixé.
En définitive, le ministre Alain Marleix et le gouvernement avaient ficelé le découpage d’avance. Il s’agit de conforter le siège UMP dans la 13ème circonscription, le seul objectif consistant à tenter d’éliminer le seul député communiste du Rhône.
Il est surprenant de la part du PS que ce cas de figure du Rhône ne fasse pas l’objet des 30 contestations annoncées dans le cadre d’un recours devant le Conseil constitutionnel, malgré le partage de la ville de Saint-Priest en deux.
Faut-il imaginer qu’un troc est intervenu : je laisse la 13ème circonscription à l’UMP ; au PS de reprendre la 14ème circonscription perdue en 1993.
J’ose espérer que le groupe PS de l’Assemblée nationale intégrera le département du Rhône pour refuser la partition de la ville de Saint-Priest dans sa saisine du Conseil constitutionnel. Ce dernier ne peut être saisi que par 60 députés ce qui est impossible pour le groupe communiste.
Dans la droite ligne de Charles Pasqua en 1986, ce charcutage aboutira à privilégier à l’Assemblée nationale l’élection de davantage de députés de droite au détriment du PCF et d’une partie de la gauche.
Au bouclier fiscal pour les riches que la majorité UMP s’apprête à reconduire dans la loi de finances 2010 va donc s’ajouter le couperet électoral pour leurs représentants.
Un déni de démocratie que j’entends combattre aux côtés de mes collègues communistes et républicains avec l’exigence du retour à la proportionnelle.